III. La comparaison médiatique du sport homme/femme.

1. Salaire lié à la médiatisation

Les différences de rémunérations entre hommes et femmes restent considérables dans le sport de haut niveau. Faute de sponsors et de médiatisation très poussée, le sport féminin tarde à être reconnu et rémunéré à sa juste valeur.

Le football est l’exemple type des inégalités salariales, en effet il enregistre le pourcentage le plus élevé des inégalités de revenu avec un salaire moyen de 3 500 euros brut par mois pour les femmes hors primes alors que les footballeurs touchent en moyenne 12 000 euros par mois.

Mais il existe des évolutions dans l’inégalité des salaires dans le monde sportif cependant la discrimination envers les revenus des sportives de haut niveau reste présente car un facteur très important empêche une réelle évolution. Le problème est que l’écart des revenus ne se justifie pas que par des écarts de performances mais surtout par des différences de médiatisation. Les médias sont un des principaux facteurs des inégalités de revenus. De manière générale, en ce qui concerne les retransmissions sportives, le sport féminin ne représente que 7% de la médiatisation du sport. Il est vrai que l’on a observé une progression dans l’audience du football féminin ces dernières années mais cette évolution est controversée car en termes de droit de télévision, 600 millions d’euros sont consacrés à la ligue 1 masculine alors que seulement 150 000 euros sont consacrés à la ligue 1 féminine.

2.Couverture médiatique

Depuis de nombreuses années, la question de la représentation du sport féminin dans les médias est un sujet de réflexion des pouvoirs publics au même titre que la place des femmes dans les instances sportives et dans l’économie du sport et, plus largement, les conditions de la pratique du sport par les femmes.

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Dans le cadre de ses missions consistant à accompagner et anticiper les évolutions de la société dans l’audiovisuel, sur le plan de la diversité, des droits des femmes ou encore de la santé publique, le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’attache à la promotion du sport féminin à la télévision et la radio. Il suit en particulier avec attention la diffusion de compétitions sportives féminines et la place des femmes dans l’ensemble des programmes traitant de sport.

De plus en plus de chaines de télévision acceptent de diffuser certaines compétitions féminines.

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On peut le constater avec notamment les chaines Eurosport et France 4, qui commence depuis quelques années à en diffuser. Ces chaines restent tout de même peu visionnées par les téléspectateurs car elles sont moins populaires que TF1 ou M6 par exemple. En 2014, France 4 comme Eurosport a renouveler son partenariat avec la Fédération française de football pour pouvoir retransmettre la coupe de France féminine et le championnat de France de D1 féminines.

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En effet, en 2013 la chaine à rassembler près de 800 000 téléspectateurs pour la finale de la coupe de France, les spectateurs sont donc au rendez-vous. Des chaines donc qui montre l’exemple afin de réduire les inégalités avec les femmes. Cependant, 25% des compétitions féminines ont été retransmise contre 40% des compétitions masculines organisés sur une même période.

 En 2016, jusqu’à 20 % des rediffusions sportives étaient consacrés au sport féminin, plus de 2 fois plus qu’en 2012. Chaque année, le CSA incite le paysage audiovisuel français à  travers une opération de médiatisation.

Aujourd’hui, le sport féminin gagne en temps d’antenne, mais pas seulement le temps d’un week-end. L’opération de médiatisation mise en place depuis 4 ans, renouvelée en 2018 sous le nom de Sport féminin toujours, a lancé une dynamique :

  • la part consacrée au sport féminin à la télévision augmente : 7 % du volume horaire des retransmissions sportives à la télévision en 2012, puis 14 % en 2014 et de 16 à 20 % en 2016.
  • les téléspectateurs applaudissent : ils étaient 5,6 millions devant la finale de Judo « Femmes +78kg » lors des JO de Rio en 2016 ; 4,1 millions devant le France-Allemagne de la Coupe du monde de football féminin de en juin 2015.
  • les compétitions sportives féminines sont de plus en plus rentables pour les chaînes de télévision.
  • l’exposition de la pratique sportive féminine aide à son développement : entre 2007 et 2015, le nombre de licences sportives féminines a progressé de 20 % (contre 10 % pour les hommes).

3. Egalité dans certains sports

L’égalité salariale entre hommes et femmes est un combat qui date de très longtemps, sans doute encore plus rude sur le terrain du sport. Certaines disciplines sont en passe de le gagner.C’est le cas du tennis, où les vainqueurs féminin et masculin de Roland-Garros empochent la même somme (deux millions d’euros).

Voici quelques chiffres sur les primes des joueurs et joueuses de tennis dans les plus grands tournois ci-dessous, on remarque l’égalité au niveau des primes n’est pas respectée à 100%. Mais malgré tout ça reste le sport n°1 en termes de parité salarial


Prize money des principaux tournois de tennis. [Tableau basé sur les dotations de l'année 2017, sauf Open d'Australie 2018 et tournoi WTA de Doha 2018]. © WOMEN SPORTS.

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Le tennis est le premier sport à avoir instauré l’égalité salariale ; c’était à l’US Open en 1973. Soit trois ans seulement après que la pratique du football ait été autorisée pour les femmes – c’est peu dire l’avancée du monde du tennis sur les autres sports ! Cette année-là, la championne australienne Margaret Court a reçu le même chèque de 25.000 dollars que le champion du tournoi masculin John Newcombe.

On parle de « prize money » la part des prix dans certains sports quand la parité « salariale » est équitable. Comme au tennis, l’athlétisme et la natation sont des disciplines où les plus importantes compétitions masculines et féminines se déroulent en même temps. Ce qui explique que les chiffres des  »prize moneys » soient identiques. En athlétisme, lors des derniers championnats du monde, à Pékin en 2015, chaque médaillé d’or a reçu 60 000 dollars, sans distinction de sexe.

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Même chose en ce qui concerne la « Diamond league ». Le vainqueur d’une épreuve a perçu 10 000 dollars, et celui ou celle qui a remporté une des Diamond Races a obtenu en plus 40 000 dollars. En natation, terminer premier (ou première) du classement général de la coupe du monde  a rapporté 100 000 dollars en 2015. 

Egalement en patinage artistique où la parité a également été respectée notamment pendant la coupe du monde de 2015, avec 45 000 dollars pour les médaillés d’or hommes et femmes.

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